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Burkina Faso : Le Coebci initie une série de rencontres à Ouagadougou

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Le Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (Coebci) a entrepris en ce début d’année 2021, une série de rencontres à Ouagadougou avec ses partenaires et plusieurs responsables administratifs en vue d’un renforcement des liens de partenariat et des présentations de vœux du nouvel an.

Composée du secrétaire à l’information et à la formation, Bernard Bonané, de Anatole Kaboré et Souleymane Nikiéma, respectivement membre du Conseil à Méagui et sympathisant à Ouagadougou, la délégation conduite par le président Moussa Ouédraogo a été reçue successivement par le président du patronat burkinabè, Apollinaire Compaoré, et les directeurs généraux de Coris Bank, de Air Burkina, du Conseil burkinabè des chargeurs, de la Sonabhy, de la chambre du commerce et de la chambre des métiers.

La délégation a également rendu visite au directeur général de la société Saha immobilier et au général Kouamé Lougué. Au cours de toutes ces rencontres qui renforcent les liens de collaboration et de partenariat, Moussa Ouédraogo et sa délégation ont eu des échanges fructueux avec leurs hôtes.

Plusieurs autres rencontres sont inscrites à l’agenda du Conseil des opérateurs économiques qui relance ainsi ses activités après la période d’hibernation imposée par la Covid-19.

Sercom Coebci

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Moussa Ouédraogo : L’homme qui a porté sur les fonts baptismaux le COEBCI

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Moussa Ouédraogo, président du Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (COEBCI), est ce qu’on pourrait appeler un ‘’Ivoirbè’’, c’est-à-dire un Ivoirien d’origine burkinabè qui n’a pas perdu le nord. Il revendique donc à la fois ses origines et son attachement à sa terre d’adoption, la Côte d’Ivoire dont il a fait sa seconde patrie.

De fait, arrivé en ‘’Basse côte’’ en 2002, pour raisons professionnelles, Ouédraogo Moussa qui était alors le représentant du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) en Côte d’Ivoire a fini par ‘’prendre racine’’ dans le pays d’Houphouët Boigny. 17 ans de présence continue, ça crée forcément des liens. Il est donc parfaitement intégré dans la société ivoirienne.

Devenu opérateur économique dans le secteur du BTP par amour pour ce métier, il est reconnu au sein de la communauté pour sa disponibilité. Titulaire d’un DESS en management des entreprises, et d’une maitrise en gestion et techniques comptables approfondies, Moussa Ouédraogo estime, cependant, que sa meilleure formation a été acquise sur le terrain. Son parcours professionnel est à l’avenant. Il fait ses armes à la société BATA, à Ouagadougou où il débute comme comptable, en 1974. Il gravit très vite les échelons et passe Chef service comptable.

En 1979, il est muté à Niamey, au Niger pour la formation du personnel de la nouvelle usine BATA. Il n’a que 24 ans. Quelques années plus tard, il atterrit au Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) où il cumule les fonctions de Chef de service financier et Comptable (1983-1989), puis il passe Directeur administratif et financier (DAAF), parallèlement, il est Chef de projet dans le cadre de la construction du siège du CBC.

En 1997, il est nommé Assistant Contrôleur général du CBC. Et en 1998, il devient le Représentant du CBC au Bénin. De ce pays, il foule le sol ivoirien en 2002. Jusqu’en 2016, il occupera le poste de Représentant du CBC en Côte d’Ivoire, soit pendant 14 ans ! Dans le même temps, il est le 2ème vice-président de la communauté portuaire d’Abidjan.

«J’ai été représentant du CBC en Côte d’Ivoire de 2002 à 2016. Si ma mémoire est bonne, c’est le plus long séjour d’un Représentant du CBC en RCI. L’hospitalité légendaire du peuple ivoirien et de la communauté portuaire resteront mes plus importants soutiens tout au long de ce parcours exceptionnel.», explique-t-il.

A son actif, on note à la fois, la mise en place de la comptabilité du CBC, l’ouverture d’un espace d’accueil des camions citernes au Port de Cotonou, la construction du siège du CBC à Abidjan, l’obtention d’un terrain d’un hectare destiné à la construction d’un entrepôt au port de San-Pedro, l’ouverture d’un bureau du Conseil à Bouaké, une contribution remarquable à la décoration des chargeurs du Burkina Faso à Abidjan et surtout la gestion du CBC durant la crise ivoirienne qui ne fut pas, faut-il le préciser, une sinécure. «La présence du CBC en dépit d’un environnement très difficile s’est avérée bénéfique au fil du temps. En effet nous avons pleinement joué le rôle d’interface entre les chargeurs très hésitants quant à la reprise de leurs activités avec les ports ivoiriens et la communauté portuaire qui voulait tant reconquérir le trafic perdu au profit des autres ports concurrents de la sous-région», commente Moussa Ouédraogo. Mais que pouvait faire le Représentant et les agents si le Directeur Général n’avait pas trouvé un intérêt au maintien des activités du CBC durant la période de crise en Côte d’Ivoire ?

Pour Moussa Ouédraogo, si le mérite revient à la Représentation, c’est bien parce que le Directeur général et le Ministre en charge des transports d’alors ont bien voulu lui faire confiance pour cette mission auprès du port dont les retombées ont été plus que bénéfiques. C’est donc à juste titre que l’ex-Représentant du CBC a été décoré à la fois chevalier de l’ordre du mérite Burkinabè et Ivoirien.

En 2016, après être parti du CBC pour faire valoir ses droits à la retraite, il crée sa société, IVOIBAT dont il est naturellement le Directeur général. C’est une entreprise qui évolue dans le secteur du bâtiment.

Après avoir fait, à l’instar de nombre de ses compatriotes, le constat (amer) de la division mais aussi de l’inorganisation de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire, plus encore, de l’absence d’un cadre d’échanges dédié aux opérateurs économiques burkinabè, il décide, avec des amis, de mettre sur pied le Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (COEB-CI). Cette association a pour objectif de servir de plateforme aux opérateurs burkinabè évoluant en Côte d’Ivoire. Le but étant de créer du lien entre eux aux fins de les amener à partager leurs expériences mais aussi leurs préoccupations.

Bref, Ouédraogo Moussa rêve de ‘’mettre en réseau’’ ses ‘’pairs’’ de sorte à en faire une force avec laquelle il faudra compter aussi bien ici, en Côte d’Ivoire qu’au Burkina, la mère patrie. Un noble sacerdoce que ce sexagénaire mène avec foi et engagement. Pour preuve, ils sont déjà plusieurs à partager sa vision et à rallier le COEBCI.

Alexandre Lebel ILBOUDO

In Coebzine N 0001 de Juin 2020

 

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Issaka Sawadogo : Le «Boss» de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire

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Orphelin de père à l’âge de 7 ans, Issaka Sawadogo n’a pas eu une enfance facile. Eduqué par son oncle Pogbila Sawadogo, il a dû trimer pour se faire une place au soleil. De Ouangolodougou sa ville natale à Abidjan, le petit vendeur d’eau glacée est devenu, au prix de mille sacrifices, le patron de plusieurs entreprises florissantes et membre fondateur du Conseil des opérateurs économiques Burkinabè en Côte d’Ivoire (Coebci).

Le physique et le timbre vocal imposants, l’air débonnaire, Issaka Sawadogo est un opérateur économique burkinabè prospère en Côte d’Ivoire. Patron de la Société de transport Ivoiro-Burkinabè (Stib), de la Société de transit concorde ivoiro-burkinabè (Sococib), de l’entreprise des travaux publics (Etsap), d’une usine d’huilerie et président du Conseil d’administration de la puissante confédération des filières bétail viande de l’Afrique de l’Ouest, c’est un véritable capitaine d’entreprises qui est toujours entre deux avions. A 59 ans, il a réussi là où rien ne le prédestinait. Et pour cause, raconte-t-il avec beaucoup d’émotion: «Mon père est décédé quand j’avais 7 ans. Mes frères et moi avons été élevés par mon oncle, qui s’appelle Pogbila Sawadogo à Ouangolodougou. Tout petit, j’ai commencé à vendre de l’eau aux voyageurs qui venaient du Burkina pour la Côte d’Ivoire ou qui y partaient. Le commerce de l’eau m’a mis en contact avec beaucoup de personnes. C’est ainsi que les douaniers en poste à Ouangolodougou m’ont confié la charge du nettoyage de leurs bureaux». Cette offre sonnait comme du pain bénit pour l’orphelin qui va mettre à profit les bonnes relations qu’il a su établir avec les douaniers pour intervenir souvent au profit de certains commerçants «coincés» qui le sollicitaient.

  • Le petit orphelin n’a pas jamais baissé les bras

En guise de reconnaissance, bien de commerçants lui proposent de mettre à sa disposition des marchandises qu’il vend sur place et leur fait le point régulièrement. C’est ainsi que le technicien de surface improvisé devient un vrai commerçant. Il y prend goût et décide d’aller plus loin. «J’ai décidé de vendre dans un premier temps la friperie. Avant de commencer à aller à Lomé acheter des voitures et revenir les vendre dans le nord. Tous les fonctionnaires venaient acheter leur voiture avec moi. Et après l’achat des voitures il fallait les faire immatriculer. Je disposais donc d’un compte contribuable sur lequel ceux qui achetaient les voitures passaient pour les faire immatriculer. Au guichet unique plusieurs voitures sortaient chaque jour sous mon nom», rappelle Issaka Sawadogo. Il s’associe à d’autres partenaires et crée la Société de transit concorde Ivoiro-burkinabè qui se spécialise dans le commerce d’oignons et le transit. Puis survient la crise du 19 septembre 2002.

La Côte d’Ivoire est en rupture de ban avec elle-même. L’activité économique dans le nord tourne au ralenti. Voilà quatre mois que le train avait cessé de rouler. Une situation corvéable pour les commerçants. «Pendant la crise les commerçants quittaient le Burkina, passaient par le Mali et entraient en Côte d’Ivoire par Noé. C’était par ce circuit que la Côte d’Ivoire était ravitaillée en bétail. Ce contournement nous prenait six jours de trajet et quand nous arrivions à Abidjan, c’est après avoir enregistré des morts parmi les bêtes affamées et assoiffées», décrit-il. Il fallait donc faire quelque chose. «Après réflexion, nous avons décidé d’aller discuter avec les Forces Nouvelles qui occupaient la moitié nord du pays. Je suis allé avec deux amis à Bouaké pour ouvrir les discussions avec les forces nouvelles. Mais notre démarche n’a pas été comprise et j’ai été arrêté et détenu durant six jours à Bouaké. J’ai été libéré grâce à des interventions d’amis. Je suis ensuite allé à Ouaga voir les autorités qui sont intervenus auprès des responsables des Forces Nouvelles. C’est ainsi que nous avons pu signer une convention le 23 janvier 2003», poursuit le Pca de la Stib.

Mais ce qui valait pour les Forces Nouvelles ne l’était pas pour la zone gouvernementale. Il fallait entamer d’autres discussions avec le régime d’Abidjan d’alors. «Après Bouaké, nous avons engagé des discussions avec le pouvoir d’Abidjan. Nous avions approché l’ex-Premier ministre Affi N’Guessan, l’ex-Première dame, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé. Cela a donné lieu à plusieurs rencontres avec la hiérarchie militaire qui ont abouti à un accord. Il restait maintenant à faire démarrer le train», raconte Issaka Sawadogo qui n’était pas au bout de ses peines. Puisque la Sitarail va refuser de s’associer à ce projet de crainte d’avoir à partager la responsabilité d’un éventuel accroc. «Néanmoins, au regard des documents dont nous disposions la Sitarail nous a permis d’essayer une locomotive et un wagon sur les rails qui n’avaient plus fonctionné depuis des mois. C’est ainsi que nous avons testé les rails jusqu’à Ouangolo. A notre retour, un ami nous a remis 35 bœufs pour faire le chemin retour. Alors que beaucoup pariaient que les forces nouvelles allaient arracher ces bœufs, nous sommes revenus jusqu’à la gare de Treichville avec les bœufs. La RTI est venue faire un reportage sur notre arrivée. Ce jour-là beaucoup avaient même déclaré que c’était la fin de la guerre», se rappelle-t-il avec un brin de fierté. De là est née, la société de transport ivoiro-burkinabè (Stib) qui a obtenu une convention de concession d’exploitation du train avec la Sitarail.

  • Ses sacrifices ont fini par payer

Aussi l’idée de la Confédération des filières bétail et viande de l’Afrique de l’Ouest est-elle étroitement liée à la quête de la fluidité du transport des marchandises entre la Côte d’ivoire et l’hinterland. «Sous la crise, les marchands de bétail dépensaient comme frais de route entre 1,2 et 1,6 million des frontières nord à Abidjan. C’était intenable. Nous avons donc dénoncé ce fait auprès des autorités. Mais, on ne nous a pas crus. Nous avons alors invité des journalistes à faire le chemin pour toucher du doigt la réalité. Nous avons sillonné les parcs à bétail de Sikasso, de Koutchala, de Mopti, de San, de Bamako, de Hermankono, de Lara, de Djoli, de Faraman, de Bobo Dioulasso, de Fada N’Gourman, de Kanchari, etc. Les journalistes ont recueilli les témoignages des marchands sur les tracasseries qu’ils subissaient sur les routes ivoiriennes dans l’acheminement du bétail. La vidéo qui a été réalisée a été transmise au président Laurent Gbagbo. Après avoir pris connaissance de notre calvaire, le président nous a fait convoquer et ce jour-là, je me souviens, il a dit «M. lssaka Sawadogo, j’ai demandé au ministre de la défense, Lida Kouassi de régler votre problème». Quelques semaines après, les frais de route ont chuté de 1,6 million FCFA à 60.000 FCFA. Pour une meilleure organisation du secteur bétail, «du 24 au 27 décembre 2004, après plusieurs réunions, nous avons tenu l’assemblée générale constitutive de la confédération des filières à Bamako. Nous étions 5 candidats et les 4 autres se sont retirés à mon profit en hommage à tout ce que j’avais fait pour le secteur», explique-t-il.

Avec plus de 700 travailleurs qu’il emploie, Issaka Sawadogo est un opérateur économique au grand cœur, qui a construit des dizaines de mosquées en Côte d’Ivoire, offert à ce jour une centaine de voiture à ses collaborateurs. Chaque année, il paie les frais de voyages à la Mecque d’une dizaine de musulmans et offre plus de 300 moutons pour les fêtes musulmanes. «En tant que croyant, je sais qu’à ma mort ce sont mes bonnes ouvres qui plaideront devant Dieu ma cause», se convainc-il.

Membre fondateur du Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (Coebci), le «boss» de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire, comme on le surnomme, fonde beaucoup d’espoir sur cette structure. «Je salue l’initiative du président Moussa Ouédraogo et lui apporte tout mon soutien. Les hommes d’affaires burkinabè avaient grand besoin de cette faîtière», conclut Issaka Sawadogo.

Alexandre Lebel ILBOUDO

In Coebzine N° 0001 de Juin 2020

 

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Plus d’un demi-siècle de Haute couture, l’inoxydable Pathé’ O se raconte

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Treichville, avenue 19 rue 22 barrée. Il est 11h15 ce mardi 17 mars 2020, lorsque Pathé Ouédraogo dit Pathé’ O arrive dans sa boutique où nous l’attendons. Nous avons rendez-vous avec l’habilleur des chefs d’Etat, connu pour son perfectionnisme et sa grande rigueur. Dès qu’il prend place dans le vaste fauteuil qui lui sert de ‘’salon’’ pour les visiteurs, nous engageons la causerie à bâtons rompus. Tout y passe.

«Je suis un créateur de mode, je suis un couturier. La mode est assez complexe et vaste. Il y a énormément de choses à faire dans la mode. Ce qu’on appelle la mode, singulièrement, la mode africaine, il faut l’amener à être adoptée par les Africains eux-mêmes. Or, les Africains veulent se vêtir comme les Européens, comme nos colonisateurs, c’est-à-dire, lorsque chaque Africain acquiert un statut social, il veut s’habiller comme les Blancs. C’est une histoire qui dure depuis longtemps, mais cela a tendance à diminuer. Puisque de plus en plus, les Africains veulent avoir leur identité à tous les niveaux. Que ce soit alimentaire, vestimentaire, culturel. Cela a toujours été notre combat», attaque d’entrée, cette icône de la mode africaine. Il fait part des défis qui se sont dressés devant lui à ses débuts. «C’est comment amener les Africains à croire en eux. Certes, on ne consommera pas ce qui est fait par les Africains, si c’est médiocre. C’est justement pour cela que nous nous battons pour créer de la qualité. Mon inspiration vient d’abord de ce qui a été créé par les Européens et c’est valable pour tout le monde, dans un premier temps», assure-t-il.

  • Premier ciseaux d’or de la haute couture

Puis, il reprend la parole : «J’ai été le premier Ciseaux d’or de la haute couture en Côte d’Ivoire. Ensuite, j’ai habillé pendant 10 ans les Miss Côte d’Ivoire (1988-1998). Je faisais mes créations à base de pagnes. Mais, aujourd’hui, j’ai mes tissus qui me sont propres. C’est le tissu Pathé’ O. Nous prenons plusieurs cotonnades que nous transformons en y ajoutant nos propres motifs. Nous voulons éviter les copies parce que tout ce que nous faisons est copié. Il fallait trouver un produit, une matière propre à nous. De sorte que si un autre fait comme nous, on dira que c’est du Pathé’ O. Quitte à la personne de dire ou de prouver que ce n’est pas du Pathé’ O. Toujours est-il que le nom de Pathé’ O reviendra toujours. Nous travaillons beaucoup plus dans les cotonnades avec lesquelles nous sommes arrivé à avoir nos propres couleurs».

A la question de savoir ce qui le motive encore après 50 ans de métier, la réponse fuse, instantanée. «Vous voulez savoir ce qui me motive ? Mais je vis de ça, c’est aussi simple que ça ! Je ne sais faire que ça et de ce fait, je suis obligé de m’améliorer si je veux garder ma clientèle et la voir augmenter éventuellement. Contrairement à ce que les gens pensent, plus elle vieillit, mieux elle se porte, la mode», assène-t-il. Et sans transition, il évoque quelques souvenirs. «J’ai travaillé avec Christian Dior. J’ai entendu parler de lui, bien avant de venir dans la couture. Je ne savais même pas que je deviendrais couturier. Dans les années 60, Dior était mondialement connu. Cela veut dire que la mode n’a pas d’âge», rappelle Pathé’ O. A-t-il toujours la flamme? Il répond sans sourciller : «J’ai toujours la flamme. J’ai toujours l’esprit créatif. On a une ligne qui est reconnue et c’est nous qui l’avons créée, on n’a pas copié quelqu’un. On remercie Dieu».

  • Ce que le Pape François lui a dit

Et la relève? Est-elle assurée? Là encore, sa réponse ne tarde pas. «La relève ? Je ris toujours lorsqu’on me pose cette question. La vocation ne s’acquiert pas par décret. On ne dit pas : ‘’sois créateur et tu es créateur !’’. Même si vous avez un enfant, vous ne pouvez pas le forcer à être un couturier parce que vous voulez assurer la relève. Tant que lui-même, ne s’est pas orienté vers la couture, vous perdrez votre temps. J’ai des enfants qui travaillent avec moi, mais ils sont beaucoup plus dans l’organisation du travail, la communication, le design, le choix des lignes, des tendances, etc. On doit aimer à la base la mode et après le reste suit. La relève ne dépend donc pas de moi. On va certainement mieux s’organiser pour que la maison Pathé’ O ne meurt pas et puisse nous survivre», indique-t-il.

Il évoque ensuite la clientèle haut de gamme qui a fait sa renommée et assis sa notoriété. «Aujourd’hui, des chefs d’Etat dont le président Alassane Ouattara portent Pathé’ O. Le président Nelson Mandela a été l’un de nos ‘’ambassadeurs’’ à travers le monde. Il y a aussi les présidents Laurent Gbagbo, Alpha Oumar Konaré et bien d’autres. C’est une fierté pour nous», se réjouit le styliste, qui a reçu dans sa boutique en février 2017, le Roi du Maroc, Mohammed VI, lors d’une de ses visites en Côte d’Ivoire. Y a-t-il une mode ivoirienne ? «Oui, la mode ivoirienne existe et elle ne se porte pas mal. Elle est en avance sur beaucoup de pays africains. Cela veut dire que les gens ont beaucoup travaillé. Elle demande juste une meilleure organisation. Je demande aux gens de nous faire confiance. Avant, lorsque les gens arrivaient de Paris, ils étaient le centre de tous les regards. Mais, aujourd’hui, si tu viens de Paris, tu passes inaperçu. Or, avant, les parigos nous arrachaient nos petites gos», plaisante Pathé’ O.

Sa visite au Vatican et son entretien avec le saint père, le pape François ? Il en parle avec une joie contenue. «Je voulais rencontrer le pape pour satisfaire une curiosité. Je suis musulman, il faut le savoir. Je suis allé à la Mecque. Je suis croyant mais, même chez les musulmans, il y a beaucoup de tendances ou de courants, tels les fondamentalistes, les modérés, les sunnites, les chiites, etc. Je voulais comprendre un peu les religions. Pourquoi certains doivent-ils prier comme ci et d’autres comme ça. Même chez les chrétiens, on a des prêtres, des pasteurs, des bishops, etc. Le pape m’a dit, il peut y avoir plusieurs voies qui mènent à Dieu, mais l’unicité de Dieu est établie. Ce n’est pas à discuter. Cela m’a rassuré. Et je suis parti du Vatican raffermi dans ma foi. Personne ne peut désormais me tromper sur Dieu», se convainc-t-il.

Alexandre Lebel ILBOUDO

In Coebzine N° 001 de juin 2020

 

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