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Plus d’un demi-siècle de Haute couture, l’inoxydable Pathé’ O se raconte

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Treichville, avenue 19 rue 22 barrée. Il est 11h15 ce mardi 17 mars 2020, lorsque Pathé Ouédraogo dit Pathé’ O arrive dans sa boutique où nous l’attendons. Nous avons rendez-vous avec l’habilleur des chefs d’Etat, connu pour son perfectionnisme et sa grande rigueur. Dès qu’il prend place dans le vaste fauteuil qui lui sert de ‘’salon’’ pour les visiteurs, nous engageons la causerie à bâtons rompus. Tout y passe.

«Je suis un créateur de mode, je suis un couturier. La mode est assez complexe et vaste. Il y a énormément de choses à faire dans la mode. Ce qu’on appelle la mode, singulièrement, la mode africaine, il faut l’amener à être adoptée par les Africains eux-mêmes. Or, les Africains veulent se vêtir comme les Européens, comme nos colonisateurs, c’est-à-dire, lorsque chaque Africain acquiert un statut social, il veut s’habiller comme les Blancs. C’est une histoire qui dure depuis longtemps, mais cela a tendance à diminuer. Puisque de plus en plus, les Africains veulent avoir leur identité à tous les niveaux. Que ce soit alimentaire, vestimentaire, culturel. Cela a toujours été notre combat», attaque d’entrée, cette icône de la mode africaine. Il fait part des défis qui se sont dressés devant lui à ses débuts. «C’est comment amener les Africains à croire en eux. Certes, on ne consommera pas ce qui est fait par les Africains, si c’est médiocre. C’est justement pour cela que nous nous battons pour créer de la qualité. Mon inspiration vient d’abord de ce qui a été créé par les Européens et c’est valable pour tout le monde, dans un premier temps», assure-t-il.

  • Premier ciseaux d’or de la haute couture

Puis, il reprend la parole : «J’ai été le premier Ciseaux d’or de la haute couture en Côte d’Ivoire. Ensuite, j’ai habillé pendant 10 ans les Miss Côte d’Ivoire (1988-1998). Je faisais mes créations à base de pagnes. Mais, aujourd’hui, j’ai mes tissus qui me sont propres. C’est le tissu Pathé’ O. Nous prenons plusieurs cotonnades que nous transformons en y ajoutant nos propres motifs. Nous voulons éviter les copies parce que tout ce que nous faisons est copié. Il fallait trouver un produit, une matière propre à nous. De sorte que si un autre fait comme nous, on dira que c’est du Pathé’ O. Quitte à la personne de dire ou de prouver que ce n’est pas du Pathé’ O. Toujours est-il que le nom de Pathé’ O reviendra toujours. Nous travaillons beaucoup plus dans les cotonnades avec lesquelles nous sommes arrivé à avoir nos propres couleurs».

A la question de savoir ce qui le motive encore après 50 ans de métier, la réponse fuse, instantanée. «Vous voulez savoir ce qui me motive ? Mais je vis de ça, c’est aussi simple que ça ! Je ne sais faire que ça et de ce fait, je suis obligé de m’améliorer si je veux garder ma clientèle et la voir augmenter éventuellement. Contrairement à ce que les gens pensent, plus elle vieillit, mieux elle se porte, la mode», assène-t-il. Et sans transition, il évoque quelques souvenirs. «J’ai travaillé avec Christian Dior. J’ai entendu parler de lui, bien avant de venir dans la couture. Je ne savais même pas que je deviendrais couturier. Dans les années 60, Dior était mondialement connu. Cela veut dire que la mode n’a pas d’âge», rappelle Pathé’ O. A-t-il toujours la flamme? Il répond sans sourciller : «J’ai toujours la flamme. J’ai toujours l’esprit créatif. On a une ligne qui est reconnue et c’est nous qui l’avons créée, on n’a pas copié quelqu’un. On remercie Dieu».

  • Ce que le Pape François lui a dit

Et la relève? Est-elle assurée? Là encore, sa réponse ne tarde pas. «La relève ? Je ris toujours lorsqu’on me pose cette question. La vocation ne s’acquiert pas par décret. On ne dit pas : ‘’sois créateur et tu es créateur !’’. Même si vous avez un enfant, vous ne pouvez pas le forcer à être un couturier parce que vous voulez assurer la relève. Tant que lui-même, ne s’est pas orienté vers la couture, vous perdrez votre temps. J’ai des enfants qui travaillent avec moi, mais ils sont beaucoup plus dans l’organisation du travail, la communication, le design, le choix des lignes, des tendances, etc. On doit aimer à la base la mode et après le reste suit. La relève ne dépend donc pas de moi. On va certainement mieux s’organiser pour que la maison Pathé’ O ne meurt pas et puisse nous survivre», indique-t-il.

Il évoque ensuite la clientèle haut de gamme qui a fait sa renommée et assis sa notoriété. «Aujourd’hui, des chefs d’Etat dont le président Alassane Ouattara portent Pathé’ O. Le président Nelson Mandela a été l’un de nos ‘’ambassadeurs’’ à travers le monde. Il y a aussi les présidents Laurent Gbagbo, Alpha Oumar Konaré et bien d’autres. C’est une fierté pour nous», se réjouit le styliste, qui a reçu dans sa boutique en février 2017, le Roi du Maroc, Mohammed VI, lors d’une de ses visites en Côte d’Ivoire. Y a-t-il une mode ivoirienne ? «Oui, la mode ivoirienne existe et elle ne se porte pas mal. Elle est en avance sur beaucoup de pays africains. Cela veut dire que les gens ont beaucoup travaillé. Elle demande juste une meilleure organisation. Je demande aux gens de nous faire confiance. Avant, lorsque les gens arrivaient de Paris, ils étaient le centre de tous les regards. Mais, aujourd’hui, si tu viens de Paris, tu passes inaperçu. Or, avant, les parigos nous arrachaient nos petites gos», plaisante Pathé’ O.

Sa visite au Vatican et son entretien avec le saint père, le pape François ? Il en parle avec une joie contenue. «Je voulais rencontrer le pape pour satisfaire une curiosité. Je suis musulman, il faut le savoir. Je suis allé à la Mecque. Je suis croyant mais, même chez les musulmans, il y a beaucoup de tendances ou de courants, tels les fondamentalistes, les modérés, les sunnites, les chiites, etc. Je voulais comprendre un peu les religions. Pourquoi certains doivent-ils prier comme ci et d’autres comme ça. Même chez les chrétiens, on a des prêtres, des pasteurs, des bishops, etc. Le pape m’a dit, il peut y avoir plusieurs voies qui mènent à Dieu, mais l’unicité de Dieu est établie. Ce n’est pas à discuter. Cela m’a rassuré. Et je suis parti du Vatican raffermi dans ma foi. Personne ne peut désormais me tromper sur Dieu», se convainc-t-il.

Alexandre Lebel ILBOUDO

In Coebzine N° 001 de juin 2020

 

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Moussa Ouédraogo : L’homme qui a porté sur les fonts baptismaux le COEBCI

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Moussa Ouédraogo, président du Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (COEBCI), est ce qu’on pourrait appeler un ‘’Ivoirbè’’, c’est-à-dire un Ivoirien d’origine burkinabè qui n’a pas perdu le nord. Il revendique donc à la fois ses origines et son attachement à sa terre d’adoption, la Côte d’Ivoire dont il a fait sa seconde patrie.

De fait, arrivé en ‘’Basse côte’’ en 2002, pour raisons professionnelles, Ouédraogo Moussa qui était alors le représentant du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) en Côte d’Ivoire a fini par ‘’prendre racine’’ dans le pays d’Houphouët Boigny. 17 ans de présence continue, ça crée forcément des liens. Il est donc parfaitement intégré dans la société ivoirienne.

Devenu opérateur économique dans le secteur du BTP par amour pour ce métier, il est reconnu au sein de la communauté pour sa disponibilité. Titulaire d’un DESS en management des entreprises, et d’une maitrise en gestion et techniques comptables approfondies, Moussa Ouédraogo estime, cependant, que sa meilleure formation a été acquise sur le terrain. Son parcours professionnel est à l’avenant. Il fait ses armes à la société BATA, à Ouagadougou où il débute comme comptable, en 1974. Il gravit très vite les échelons et passe Chef service comptable.

En 1979, il est muté à Niamey, au Niger pour la formation du personnel de la nouvelle usine BATA. Il n’a que 24 ans. Quelques années plus tard, il atterrit au Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) où il cumule les fonctions de Chef de service financier et Comptable (1983-1989), puis il passe Directeur administratif et financier (DAAF), parallèlement, il est Chef de projet dans le cadre de la construction du siège du CBC.

En 1997, il est nommé Assistant Contrôleur général du CBC. Et en 1998, il devient le Représentant du CBC au Bénin. De ce pays, il foule le sol ivoirien en 2002. Jusqu’en 2016, il occupera le poste de Représentant du CBC en Côte d’Ivoire, soit pendant 14 ans ! Dans le même temps, il est le 2ème vice-président de la communauté portuaire d’Abidjan.

«J’ai été représentant du CBC en Côte d’Ivoire de 2002 à 2016. Si ma mémoire est bonne, c’est le plus long séjour d’un Représentant du CBC en RCI. L’hospitalité légendaire du peuple ivoirien et de la communauté portuaire resteront mes plus importants soutiens tout au long de ce parcours exceptionnel.», explique-t-il.

A son actif, on note à la fois, la mise en place de la comptabilité du CBC, l’ouverture d’un espace d’accueil des camions citernes au Port de Cotonou, la construction du siège du CBC à Abidjan, l’obtention d’un terrain d’un hectare destiné à la construction d’un entrepôt au port de San-Pedro, l’ouverture d’un bureau du Conseil à Bouaké, une contribution remarquable à la décoration des chargeurs du Burkina Faso à Abidjan et surtout la gestion du CBC durant la crise ivoirienne qui ne fut pas, faut-il le préciser, une sinécure. «La présence du CBC en dépit d’un environnement très difficile s’est avérée bénéfique au fil du temps. En effet nous avons pleinement joué le rôle d’interface entre les chargeurs très hésitants quant à la reprise de leurs activités avec les ports ivoiriens et la communauté portuaire qui voulait tant reconquérir le trafic perdu au profit des autres ports concurrents de la sous-région», commente Moussa Ouédraogo. Mais que pouvait faire le Représentant et les agents si le Directeur Général n’avait pas trouvé un intérêt au maintien des activités du CBC durant la période de crise en Côte d’Ivoire ?

Pour Moussa Ouédraogo, si le mérite revient à la Représentation, c’est bien parce que le Directeur général et le Ministre en charge des transports d’alors ont bien voulu lui faire confiance pour cette mission auprès du port dont les retombées ont été plus que bénéfiques. C’est donc à juste titre que l’ex-Représentant du CBC a été décoré à la fois chevalier de l’ordre du mérite Burkinabè et Ivoirien.

En 2016, après être parti du CBC pour faire valoir ses droits à la retraite, il crée sa société, IVOIBAT dont il est naturellement le Directeur général. C’est une entreprise qui évolue dans le secteur du bâtiment.

Après avoir fait, à l’instar de nombre de ses compatriotes, le constat (amer) de la division mais aussi de l’inorganisation de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire, plus encore, de l’absence d’un cadre d’échanges dédié aux opérateurs économiques burkinabè, il décide, avec des amis, de mettre sur pied le Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (COEB-CI). Cette association a pour objectif de servir de plateforme aux opérateurs burkinabè évoluant en Côte d’Ivoire. Le but étant de créer du lien entre eux aux fins de les amener à partager leurs expériences mais aussi leurs préoccupations.

Bref, Ouédraogo Moussa rêve de ‘’mettre en réseau’’ ses ‘’pairs’’ de sorte à en faire une force avec laquelle il faudra compter aussi bien ici, en Côte d’Ivoire qu’au Burkina, la mère patrie. Un noble sacerdoce que ce sexagénaire mène avec foi et engagement. Pour preuve, ils sont déjà plusieurs à partager sa vision et à rallier le COEBCI.

Alexandre Lebel ILBOUDO

In Coebzine N 0001 de Juin 2020

 

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Issaka Sawadogo : Le «Boss» de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire

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Orphelin de père à l’âge de 7 ans, Issaka Sawadogo n’a pas eu une enfance facile. Eduqué par son oncle Pogbila Sawadogo, il a dû trimer pour se faire une place au soleil. De Ouangolodougou sa ville natale à Abidjan, le petit vendeur d’eau glacée est devenu, au prix de mille sacrifices, le patron de plusieurs entreprises florissantes et membre fondateur du Conseil des opérateurs économiques Burkinabè en Côte d’Ivoire (Coebci).

Le physique et le timbre vocal imposants, l’air débonnaire, Issaka Sawadogo est un opérateur économique burkinabè prospère en Côte d’Ivoire. Patron de la Société de transport Ivoiro-Burkinabè (Stib), de la Société de transit concorde ivoiro-burkinabè (Sococib), de l’entreprise des travaux publics (Etsap), d’une usine d’huilerie et président du Conseil d’administration de la puissante confédération des filières bétail viande de l’Afrique de l’Ouest, c’est un véritable capitaine d’entreprises qui est toujours entre deux avions. A 59 ans, il a réussi là où rien ne le prédestinait. Et pour cause, raconte-t-il avec beaucoup d’émotion: «Mon père est décédé quand j’avais 7 ans. Mes frères et moi avons été élevés par mon oncle, qui s’appelle Pogbila Sawadogo à Ouangolodougou. Tout petit, j’ai commencé à vendre de l’eau aux voyageurs qui venaient du Burkina pour la Côte d’Ivoire ou qui y partaient. Le commerce de l’eau m’a mis en contact avec beaucoup de personnes. C’est ainsi que les douaniers en poste à Ouangolodougou m’ont confié la charge du nettoyage de leurs bureaux». Cette offre sonnait comme du pain bénit pour l’orphelin qui va mettre à profit les bonnes relations qu’il a su établir avec les douaniers pour intervenir souvent au profit de certains commerçants «coincés» qui le sollicitaient.

  • Le petit orphelin n’a pas jamais baissé les bras

En guise de reconnaissance, bien de commerçants lui proposent de mettre à sa disposition des marchandises qu’il vend sur place et leur fait le point régulièrement. C’est ainsi que le technicien de surface improvisé devient un vrai commerçant. Il y prend goût et décide d’aller plus loin. «J’ai décidé de vendre dans un premier temps la friperie. Avant de commencer à aller à Lomé acheter des voitures et revenir les vendre dans le nord. Tous les fonctionnaires venaient acheter leur voiture avec moi. Et après l’achat des voitures il fallait les faire immatriculer. Je disposais donc d’un compte contribuable sur lequel ceux qui achetaient les voitures passaient pour les faire immatriculer. Au guichet unique plusieurs voitures sortaient chaque jour sous mon nom», rappelle Issaka Sawadogo. Il s’associe à d’autres partenaires et crée la Société de transit concorde Ivoiro-burkinabè qui se spécialise dans le commerce d’oignons et le transit. Puis survient la crise du 19 septembre 2002.

La Côte d’Ivoire est en rupture de ban avec elle-même. L’activité économique dans le nord tourne au ralenti. Voilà quatre mois que le train avait cessé de rouler. Une situation corvéable pour les commerçants. «Pendant la crise les commerçants quittaient le Burkina, passaient par le Mali et entraient en Côte d’Ivoire par Noé. C’était par ce circuit que la Côte d’Ivoire était ravitaillée en bétail. Ce contournement nous prenait six jours de trajet et quand nous arrivions à Abidjan, c’est après avoir enregistré des morts parmi les bêtes affamées et assoiffées», décrit-il. Il fallait donc faire quelque chose. «Après réflexion, nous avons décidé d’aller discuter avec les Forces Nouvelles qui occupaient la moitié nord du pays. Je suis allé avec deux amis à Bouaké pour ouvrir les discussions avec les forces nouvelles. Mais notre démarche n’a pas été comprise et j’ai été arrêté et détenu durant six jours à Bouaké. J’ai été libéré grâce à des interventions d’amis. Je suis ensuite allé à Ouaga voir les autorités qui sont intervenus auprès des responsables des Forces Nouvelles. C’est ainsi que nous avons pu signer une convention le 23 janvier 2003», poursuit le Pca de la Stib.

Mais ce qui valait pour les Forces Nouvelles ne l’était pas pour la zone gouvernementale. Il fallait entamer d’autres discussions avec le régime d’Abidjan d’alors. «Après Bouaké, nous avons engagé des discussions avec le pouvoir d’Abidjan. Nous avions approché l’ex-Premier ministre Affi N’Guessan, l’ex-Première dame, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé. Cela a donné lieu à plusieurs rencontres avec la hiérarchie militaire qui ont abouti à un accord. Il restait maintenant à faire démarrer le train», raconte Issaka Sawadogo qui n’était pas au bout de ses peines. Puisque la Sitarail va refuser de s’associer à ce projet de crainte d’avoir à partager la responsabilité d’un éventuel accroc. «Néanmoins, au regard des documents dont nous disposions la Sitarail nous a permis d’essayer une locomotive et un wagon sur les rails qui n’avaient plus fonctionné depuis des mois. C’est ainsi que nous avons testé les rails jusqu’à Ouangolo. A notre retour, un ami nous a remis 35 bœufs pour faire le chemin retour. Alors que beaucoup pariaient que les forces nouvelles allaient arracher ces bœufs, nous sommes revenus jusqu’à la gare de Treichville avec les bœufs. La RTI est venue faire un reportage sur notre arrivée. Ce jour-là beaucoup avaient même déclaré que c’était la fin de la guerre», se rappelle-t-il avec un brin de fierté. De là est née, la société de transport ivoiro-burkinabè (Stib) qui a obtenu une convention de concession d’exploitation du train avec la Sitarail.

  • Ses sacrifices ont fini par payer

Aussi l’idée de la Confédération des filières bétail et viande de l’Afrique de l’Ouest est-elle étroitement liée à la quête de la fluidité du transport des marchandises entre la Côte d’ivoire et l’hinterland. «Sous la crise, les marchands de bétail dépensaient comme frais de route entre 1,2 et 1,6 million des frontières nord à Abidjan. C’était intenable. Nous avons donc dénoncé ce fait auprès des autorités. Mais, on ne nous a pas crus. Nous avons alors invité des journalistes à faire le chemin pour toucher du doigt la réalité. Nous avons sillonné les parcs à bétail de Sikasso, de Koutchala, de Mopti, de San, de Bamako, de Hermankono, de Lara, de Djoli, de Faraman, de Bobo Dioulasso, de Fada N’Gourman, de Kanchari, etc. Les journalistes ont recueilli les témoignages des marchands sur les tracasseries qu’ils subissaient sur les routes ivoiriennes dans l’acheminement du bétail. La vidéo qui a été réalisée a été transmise au président Laurent Gbagbo. Après avoir pris connaissance de notre calvaire, le président nous a fait convoquer et ce jour-là, je me souviens, il a dit «M. lssaka Sawadogo, j’ai demandé au ministre de la défense, Lida Kouassi de régler votre problème». Quelques semaines après, les frais de route ont chuté de 1,6 million FCFA à 60.000 FCFA. Pour une meilleure organisation du secteur bétail, «du 24 au 27 décembre 2004, après plusieurs réunions, nous avons tenu l’assemblée générale constitutive de la confédération des filières à Bamako. Nous étions 5 candidats et les 4 autres se sont retirés à mon profit en hommage à tout ce que j’avais fait pour le secteur», explique-t-il.

Avec plus de 700 travailleurs qu’il emploie, Issaka Sawadogo est un opérateur économique au grand cœur, qui a construit des dizaines de mosquées en Côte d’Ivoire, offert à ce jour une centaine de voiture à ses collaborateurs. Chaque année, il paie les frais de voyages à la Mecque d’une dizaine de musulmans et offre plus de 300 moutons pour les fêtes musulmanes. «En tant que croyant, je sais qu’à ma mort ce sont mes bonnes ouvres qui plaideront devant Dieu ma cause», se convainc-il.

Membre fondateur du Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (Coebci), le «boss» de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire, comme on le surnomme, fonde beaucoup d’espoir sur cette structure. «Je salue l’initiative du président Moussa Ouédraogo et lui apporte tout mon soutien. Les hommes d’affaires burkinabè avaient grand besoin de cette faîtière», conclut Issaka Sawadogo.

Alexandre Lebel ILBOUDO

In Coebzine N° 0001 de Juin 2020

 

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COEBCI : Reprise des réunions et des activités du bureau exécutif 

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La récréation est terminée au Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (Coebci) qui a fait sa rentrée sous la forme d’une importante réunion, la première, depuis près de quatre mois, tenue, ce samedi 20 février 2021 à son siège à  Koumassi, au sud de la capitale économique ivoirienne.

Après  donc une trêve liée à la fois à pandémie de la Covid-19 et à l’absence de son président, Moussa Ouédraogo, le bureau exécutif du Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire s’est retrouvé pour la rencontre de l’année, élargie aux délégués de Yamoussoukro, Soubré et Méagui.

L’ordre du jour décliné en sept points a été  l’occasion pour les membres du Coebci qui a deux ans d’exister d’évaluer le parcours et se projeter dans le futur pour faire du Conseil, le creuset de tous les opérateurs économiques burkinabè vivant en Côte d’Ivoire.

Abordant le premier point de l’ordre du jour, le Secrétaire général, Kindo Issaka, qui assurait l’intérim, a fait le point de sa « gestion » du Conseil durant les quatre mois d’absence du président Moussa Ouédraogo. Une gestion qui se résume à la participation du Coebci à la cérémonie de distinction à Yamoussoukro du Consul général du Burkina Faso à Abidjan ; distinction qui honore toute la communauté burkinabé. Puis le Coebci a marqué sa solidarité à Mme Mariam Kanazoé, éprouvée par le décès de son petit frère tout comme il a participé à l’inhumation de la belle-mère de Saint-Joseph Ilboudo plus connu sous le nom de St-Joe.

Kindo a, également, conduit une délégation du Coebci à Ouangolodougou pour prendre part à l’inhumation de la mère du Pca de la Société de transport Ivoiro-burkinabè (Stib), Sawadogo Issiaka. Le Coebci, a poursuivi Kindo Issaka, était, également au lancement du partenariat Coris Bank-Air Burkina. Autant d’activités en son absence, qui ont fait dire au président Moussa Ouédraogo que « la maison a été bien gardée », commentant le compte-rendu de son secrétaire général.

Le deuxième point abordé par le président Moussa Ouédraogo a été, essentiellement, consacré à son séjour au Burkina Faso où en compagnie de MM. Kaboré Anatole, Bonané Bernard et Souleymane Nikiéma, présents à Ouagadougou, se sont joints à lui pour entreprendre une série de rencontres à Ouagadougou avec des partenaires et plusieurs autorités administratives et religieuses en vue d’un renforcement des liens de partenariat.

Ainsi, successivement, le président Moussa Ouédraogo et sa délégation ont été reçus en audience par les ministres de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat, Harouna Kaboré, son ex-collègue de l’Intégration et des Burkinabè de l’Étranger, Paul Tiendrébéogo, le Directeur de Cabinet du Président du Faso,  Dr Seydou Zagré. Ces autorités ont assuré le Coebci de leur disponibilité à accompagner le Conseil dans les investissements de la Diaspora au Burkina Faso. Quant aux guides religieux et traditionnels dont le Cardinal Philippe Ouédraogo, la Conférence de l’Église évangéliste, le Mogho Naaba, les imams, ils ont été attentifs au message de leurs hôtes et les ont assurés de leurs bénédictions et prières pour la noble mission que s’est assignée le Coebci.

Les partis politiques représentatifs n’ont pas été oubliés par Moussa Ouédraogo et sa délégation. Ainsi, à Simon Compaoré (MPP), Eddie Komboïgo (CDP), Zéphirin Diabré (UPC) et Me Gilbert Noël Ouédraogo, la délégation a expliqué les objectifs du Coebci. Unanimement, selon le président Moussa Ouédraogo, ces personnalités se sont réjouies de cet outil de développement qu’est le Coebci pour le bonheur de la Diaspora. Aussi ont-elles marqué leur volonté de soutenir le Conseil. Des échanges similaires se sont poursuivis avec le Conseil burkinabè des chargeurs, la Chambre de Commerce et plusieurs dirigeants d’entreprises étatiques et privées. Les différents interlocuteurs ont, selon M. Ouédraogo, non seulement, salué l’initiative mais aussi prodigué des conseils pour maintenir la flamme du Coebci.

Au total, dira le président Moussa Ouédraogo,  le séjour burkinabè fut fructueux du point de vue contacts et positionnement du Coebci. «Aujourd’hui à Ouagadougou, le Coebci est la clé qui peut ouvrir bien de portes au pays. Pour cela, j’exhorte chaque membre à mettre véritablement du sien pour toujours préserver la bonne image du Conseil. Les autorités du pays nous attendent. A nous de mériter cette confiance et l’avenir sera prometteur pour le Coebci», a dit M. Ouédraogo  relayé par le trésorier adjoint, Idrissa Nikiéma pour le point trois relatif à la situation des cotisations des membres.

Dans la transparence, M. Nikiéma a relevé que pour l’exercice 2020, seules six personnes se sont acquittées de leurs cotisations sur les trente membres que compte  le bureau exécutif. Idem pour le présent exercice où pratiquement, les mêmes personnes sont à jour. Aussi a-t-il lancé un appel pressant aux membres pour se mettre à jour de leurs cotisations. Face à  cette difficulté, Salogo Brahima s’est engagé à  payer dès lundi le loyer du siège jusqu’à fin décembre. Un acte de générosité salué par une salve d’applaudissements. Toutefois, Pathé Ouédraogo a invité le bureau à entamer (enfin) le processus de mise en place du fonds pour garantir la pérennité du Conseil.

Aux points 4 et 5 de l’ordre du jour, le président du Coebci a soumis la question du renouvellement du bureau et la parution du 2è numéro du Coebzine, le magazine du Conseil. Sur ces deux points, les participants ont regretté les absences récurrentes de certains membres du bureau qui justifiaient, largement, une éventuelle recomposition mais ils ont dans l’ensemble demandé de surseoir à cette décision pour donner une chance aux concernés de se racheter. Le projet de parution du second numéro du Coebzine a été approuvé sous réserve de définir sa périodicité.

Sur les points  6 et 7 relatifs à l’organisation de l’An 2 du Coebci et au programme d’activités de l’année 2021, la réunion a entériné le choix de Kindo Issaka en qualité de président du comité d’organisation à charge de donner un contenu aux festivités pour faire de la célébration de l’An2 un événement de grande et belle facture. Quant au programme des activités du présent exercice, le président Moussa Ouédraogo a demandé à chacun de soumettre à la prochaine réunion du bureau ses propositions qui seront débattues en plénière pour sortir un chronogramme définitif.

Au cours de cette réunion, la parole a été donnée aux représentants du Conseil à l’intérieur du pays pour leur permettre de faire le point sur leurs activités. Ces derniers sont repartis plus que convaincus de la nécessité d’oeuvrer à un meilleur implantation du Coebci.

Avant la levée de la rencontre, Moussa Ouédraogo a remis des présents à Mmes Yao Prisca, pour son dévouement et engagement à la cause du Coebci et Bony Jeanne, la secrétaire du président du Coebci pour sa disponibilité au service du Conseil.

Sercom Coebci

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